09 mai 2008
Du vent.
Des fois on cherche, un quelque chose, un soupçon de différence, un rien qui pourrait porter le quotidien vers quelque chose qui nous étonnerait vraiment. A force de regarder droit devant soi on en oublie qu’il y a des choses derrière et à côté, des autres aussi. C’est étrange et tellement plaisant de voir avec quelle facilité certaines personnes vous ouvre leur porte, et vous offre des petits moments tellement personnels, tellement beaux quand en fait on est rien d’autre pour eux qu’un nouveau visage ou une vague symbole, une aide ponctuelle sur un cours moment qui dans quelques temps ne laissera plus aucune trace. Du vent. Pas ce vent qui passe et qui ne laisse rien, mais peut être – heureusement - ce vent qui guide, qui rassure ou qui réveille quand on regarde au loin et que vaguement on se sent perdu. Mais un vent quand même, éphémère.
Comment on rentre vraiment dans la vie de quelqu’un, comment on devient vraiment indispensable ? Comment on efface ces doutes qui remontent comme ça sans prévenir certains soirs et qui laissent un drôle de goût dans la bouche, avec au fond cette envie de vide. Cette envie d’être encore plus seul qu’on ne l’est à cet instant, qu’on l’est chaque jour. Comment se repose t’on vraiment pour repartir ? Comment gère t'on les choses du passé ?
On ne gère rien, on reste là, à ressasser les choses, à transformer le vécu, le ressenti en obsessions et – quand on la chance de faire partie de ceux qui ont appris à l’exprimer – on en sort de soi sous une forme ou une autre, un texte, une image, un son, un geste dansé. On en sort une fraction, sachant qu’il est impossible de partager vraiment et de faire comprendre à l’autre ce que l’on veut lui dire précisément, parce que c’est à soi qu’on parle avant tout, parce que rien n’est net, et que pour tuer certaines choses, pour les garder, pour les exorciser il n’y que des illusions. Comme un mal qui aurait grandit là par surprise et que rien maintenant ne peut plus défaire.
Commentaires
Je pense qu'il ne faut pas trop se poser de questions; juste vivre ce que l'on a envie de vivre, prendre le meilleur que les autres ont a nous apporté, juste profiter avant que ce ne soit la fin... ;-)
:o)
Jpense un peu comme maud, vaut mieux vivre, et ne pas se poser trop de questions...
Vivre au jour le jour, la solution ets là, si cc'était seulement possible...sans que le passé ni le futur ne s'en mêlent et foutent le bazar avec leurs grosses pattes velues.
>.<
hum les commentaires m'étonnent...facile à dire de vivre au jour le jour, tout dépend de l'ampleur malaise et de notre capacité à le gérer. Parce que oui ça se gère, consciemment ou non, bien ou mal. Il y aurait beaucoup à dire sur ton texte, passionnant par ses thèmes abordés (surtout l'art).
J'ai tendance à croire qu'on ne peut pas continuer à bien vivre sans soutient. Qu'il soit familial, amoureux ou même professionnel. De là à chercher à se rendre indispensable...je ne sais pas...mais je pense que parfois la seul présence de l'autre devrait nous suffire si nous avions davantage confiance en nous (ou à l'inverse que nous étions moins narcissique lol).
J'ai cliqué là ce matin pensant trouver des gens en mouvement sur la glace ou dans une piscine. J'y trouve des mots profonds où le fond de ce texte me touche profondement , me bouscule et me transperce.
Que dire sinon que le passé est parfois très pesant et qu'essayer de faire table rase de celui -ci reste un gros travail à faire sur soi... Alors simplement mais très sincerement aie confiance en toi...
lô
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